mercredi 31 décembre 2008

Allocution des voeux 2009

À l'heure du multimédia, quoi de plus neuf qu'une vidéo pour les vœux de l'an neuf deux mille neuf ? Aussi trouverez-vous ci-après l'allocution de vœux du Président de la République, un peu en avance sur l'horaire habituel, enregistrée ce 31 décembre à 18 h 18 très exactement (plus ou moins une seconde).

Bonne année 2009 à toutes et à tous.

video

Ci-dessous la retranscription du texte préparé par mes con-seillers :
Mes chers com-patriotes,
L’année prochaine, la France va pouvoir travailler une seconde de plus car, comme vous le savez, j’ai demandé à la bombe atomique – pardon, à l’horloge atomique – de se décaler d’une seconde. Ainsi, nous gagnerons une seconde de récession négative, c’est-à-dire, mes chers compatriotes, une seconde de croissance, ce qui contribuera à réduire la crise que nous traverserons sans barguigner. Car la barguigne ne doit pas vous gagner, chers compatriotes, il faut gagner plus pour ne plus guigner la crise. En cet an neuf donc, cet an deux mille neuf (et des poussières de secondes), je vous souhaite, mes chers compatriotes, de mettre vos montres et pendules à l’heure, Rolex ou pas Rolex, afin d’entrer de plain pied dans la France de demain, vent debout dans la brise de la crise, en ramant comme des fous sur l’esquif qui sera notre galère, à l’ère du multimédia z’et des médias sans pub. Rendez-vous dans les pub – pardon, dans les « pub » – afin d’y boire à ma santé la coupe de l’amitié. Car la coupe est pleine, et de la coupe aux lèvres, il n’y a qu’un pas. Et ce pas, mes chers compatriotes, je vous engage à le franchir sans hésitation. De quoi demain sera-t-il fait ? Personne ne le sait. Moi pas plus qu’un autre. Aussi, je vous donne rendez-vous après-demain. Ensemble, tout est possible, comme disait Jim Phelps. Telle est ma mission, et je la remplirai.
Mes chères connes-patriotes, mes chers cons-patriotes, je vous souhaite une bonne année.
Vive la République, vive la France, vive l’Europe, vive le Monde et vive moi.
(Envoyer ici la Marseillaise)

lundi 29 décembre 2008

Des vœux d'œnologue

L'éditorial du dernier numéro du Monde 2 tombe dans le piège de la fascination exercée sur les journalistes par le drame, la catastrophe, l'événement spectaculaire. Malgré lui, le rédacteur du texte souhaite que 2009 soit vraiment une année de crise, usant de métaphores œnologiques malvenues :
Pour les amateurs d'événements historiques, 2008 restera comme un grand cru, un immense millésime…
L'histoire goûtée comme une bonne bouteille de vin, confortablement installé dans son bureau de journaliste. Il y a de l'indécence dans ces mots, d'autant que le souhait implicite est que le millésime 2009 soit un cru encore plus "grand" :
Le début de la plus grave crise économique et financière que le monde a connue depuis celle de 1929. Excusez du peu !
Et si la crise se révélait en définitive moins grave que celle de 1929 ? Serait-ce un espoir ou une déception ? Car enfin, les autorités économiques et politiques sont aujourd'hui autrement plus mobilisées pour tenter de juguler la crise qui se profile qu'il y a quatre-vingts ans.
Et voici les vœux de l'éditorialiste pour la nouvelle année :
En 2009, la crise économique et financière va continuer de s'étendre avec son cortège de souffrances sociales et d'accroissement des inégalités.
Il ne s'agit pas de se voiler la face. Certes, les perspectives sont sombres. Certes, il est toujours plus sage en apparence d'être pessimiste qu'optimiste. Mais le pire n'est jamais certain. D'ailleurs, l'éditorial met dans la balance le "formidable espoir" que représente l'élection de Barack Obama aux États-Unis, tout en reconnaissant avec lucidité que son mot d'ordre sera "America first". S'il manque certainement à l'Europe un Obama, la mondialisation, l'interdépendance accrue des économies joueront-t-elles uniquement dans le mauvais sens, la généralisation accélérée de la crise, ou aussi dans le bon sens, à savoir la diffusion partagée des remèdes concoctés par chaque nation ?

Enfin, l'éditorialiste conclut son message en pensant avant tout à lui-même et à sa corporation. Son ultime souhait est le suivant :
Espérons simplement que 2009 ne sera pas l'année d'un nouveau recul de l'indépendance des médias.
Charité bien ordonnée commence par soi-même ! Bien sûr que l'indépendance des médias est cruciale, surtout dans des périodes troublées, afin que le citoyen puisse s'informer avec précision et prendre une mesure juste des événements, loin de tout sensationnalisme. Mais était-ce la teneur de ce qui précède ? Rien n'est moins sûr…

Pour ma part, qu'on me permette de formuler le vœu suivant : que 2009 soit l'année de la disparition du Monde 2, ce supplément sans grand intérêt qui alourdit inutilement la livraison du week-end du quotidien auquel je souhaite en revanche de se recentrer sur ses qualités intrinsèques : l'analyse de l'information, la publication de points de vues aussi divers qu'éclairés, la mise en perspective lucide des événements. Économiser sur le supplément ne ferait qu'améliorer la situation délicate du groupe du Monde.


D'ailleurs, la seule page qui m'intéressait dans ce Monde version 2 était le sudoku. Or, après 254 numéros, voici qu'il disparaît ainsi que l'annonce la page 64. Le 8 de 2008, le 2 du Monde, 2 puissance 8 = 256. Plus que 2 numéros du Monde 2. Affaire de logique (informatique) ! J'exagère, mais, une fois encore, il y a de ça !

samedi 27 décembre 2008

Un double tiret inattendu

La typographie s'invite dans l'actualité, un fait suffisamment rare pour être noté. Lorsqu'un couple souhaite transmettre à son enfant ses deux noms de famille, la loi lui demande de séparer ces deux noms par un double tiret. L'idée sous-jacente est de distinguer les tirets des noms composés et les tirets des noms accolés.

Imaginons que Monsieur La Motte-Picquet épouse une Madame Grenelle, leur fils Jean s'appellerait Jean La Motte-Picquet--Grenelle. Pourquoi cette distinction ? Parce qu'un seul des deux noms (le premier) est autorisé ensuite à passer les générations. Autrement dit, les enfants de Jean pourraient hériter de La Motte-Picquet, mais pas de Grenelle… Si, en revanche, on composait La Motte-Picquet-Grenelle, il serait quasiment impossible de savoir si le nom transmissible est La Motte ou La Motte-Picquet ou encore La Motte-Picquet-Grenelle !

Un grain de sable est venu enrayer la mécanique. Un avocat a en effet refusé d'employer le double tiret et l'affaire a été portée devant les tribunaux. La Justice a donné raison à l'avocat en estimant que le double tiret est un signe inconnu de la langue française et ne peut donc figurer dans un acte public.

Le législateur avait pensé à d'autres signes typographiques, comme l'astérisque (*), le signe plus (+) ou même le slash (/). Malgré sa dénomination peu française, cette barre oblique aurait eu le mérite de la clarté, sans pour autant créer la confusion avec une addition, une multiplication ou l'indication d'une note (renvoi). Le petit Jean aurait donc pu être baptisé Jean La Motte-Picquet/Grenelle (ou d'ailleurs Jean Grenelle/La Motte-Picquet si ses parents avaient décidé de donner la priorité au nom de famille de la mère, ce que l'on pourrait appeler un "matronyme" par opposition au patronyme). Notons enfin que le double trait d'union (1) est aussi employé dans les courriers électroniques lorsque le tiret n'est pas disponible : des internautes composent volontiers leurs tirets ainsi -- quand ils veulent le distinguer d'un trait d'union, voire d'une césure !


L'exemple de La Motte-Picquet-Grenelle a été choisi à dessein. Les noms des stations de métro parisiennes sont souvent composées par l'agrégation des noms de deux rues ou avenues, au carrefour desquelles la station est localisée. Pour illustrer cet état de fait, deux types de tirets sont employés. Le trait d'union classique et le tiret, plus large. On écrit ainsi La Motte-PicquetGrenelle (2) pour signifier qu'il s'agit de l'avenue de la Motte-Picquet et du boulevard de Grenelle. La Tour-Maubourg, en revanche, n'est pas l'union d'une rue de la Tour et d'une rue Maubourg, mais simplement le nom de la rue La Tour-Maubourg. La même astuce aurait pu être employée pour l'état civil, même si la longueur d'un tiret est difficile à respecter quand on écrit à la main.

Comme quoi la typographie est loin d'être neutre et que son rôle dans la compréhension instantanée de la lecture est déterminant.

(1) Le fait d'appeler -- un double tiret est déjà l'indice d'une confusion, car il s'agit plutôt d'un double trait d'union, les tirets étant normalement plus larges que les traits d'union, afin de faciliter la lecture. Et pour aller jusqu'au bout de la distinction, il faut remarque que les tirets de dialogues sont parfois encore plus larges dans certaines typographies…


Cliquer sur la phrase pour visualiser une version plus lisible.

(2) La preuve que l'affaire n'est pas simple est que l'éditeur de texte de Blogspot refuse de distinguer le tiret et le trait d'union dans certaines polices de caractères. Il a fallu composer ici le tiret en police Courier et augmenter son corps pour le mettre en évidence !

Références (ajout du 9 mars 2009)
Articles du Monde : http://www.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-1063840,0.html
et http://www.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-1063875,0.html
(NB : l'accès à ces articles est devenu payant). Le courrier des lecteurs du quotidien est joignable par mail à l'adresse courrier-des-lecteurs@lemonde.fr.

mardi 23 décembre 2008

e-médiat

L'éditorialiste Jean-Michel Dumay a publié un texte dans Le Monde daté du 21 décembre qui analyse avec pertinence l'évolution des relations dans notre société. Il emploie un amusant néologisme, l'adjectif "e-médiate", plein de saveur – au point d'ailleurs que c'est aussi une marque déposée ! Le terme décrit plutôt bien le fait d'être dans l'instantanéité, d'être connecté en permanence sur le Web et d'employer jusqu'à plus soif des outils "électroniques" (au sens de numériques).

Voici un extrait de son article, opportunément publié sur la version "mobiles" du Monde électronique, à ce lien (probablement temporaire d'ailleurs) :
Le numérique fait naître une civilisation en rupture : horizontale, transverse, e-médiate. La génération qui manifeste est celle des "digital natives", nés avec un mobile sur l'oreille et une souris dans la main. La génération Messenger, qui se mobilise par Texto, antijacobine par essence technologique, pour qui la télé, la radio, les journaux imprimés ne sont qu'arts mineurs.
L'horizontalité évoquée montre que les hiérarchies, par définition verticales, ne sont plus guère adaptées au fonctionnement de notre société et cèdent la place aux réseaux (dans tous les sens du terme). Les entreprises, les écoles et les familles seraient bien avisées d'en tirer toutes les conséquences, au risque de surprises et de déconvenues. Le fonctionnement "scrogneugneu", voire adjudantesque, encore en vigueur dans beaucoup d'organisations pourrait s'en trouver révolu ce qui, en soi, est un réel progrès !

dimanche 21 décembre 2008

Martin Reyna : la couleur de l'eau


Je ne saurais trop vous recommander d'aller visiter l'exposition du peintre Martín Reyna. Intitulée La couleur de l'eau, elle présente des toiles aux couleurs vives et aux motifs à la fois élégants et amusants, créés par l'eau qui coule sur une feuille de papier humidifiée, sur laquelle l'artiste dépose avec soin et intuition des taches de couleurs.


Plus de renseignements sur le site de Virginie Boissière.

Et pour adresser un clin d'œil à l'artiste, je reproduis ici une "non-œuvre"…

…créée par votre serviteur de façon inopinée en gribouillant au hasard pendant une (longue) conversation téléphonique datant de 1974.
Encre de stylo sur papier, retraité sous ordinateur au début du XXIè siècle. Est-ce du gribouillis abstrait ? Pas vraiment, si l'on observe de plus près l'espèce de véhicule monstrueux, mi-autocar mi-wagon de chemin de fer, qui roule sur une piste alambiquée…

Matin hivernal à 3800 m


C'est l'hiver ! Les jours les plus courts. Aussi le soleil se lève-t-il tard, y compris au sommet de l'aiguille du Midi. Grâce aux fantaisies du Web, il est possible d'assister, bien au chaud, au lever de soleil sur le mont Blanc. Là-haut, la température est de 12 (douze) degrés en dessous de zéro – brr ! Quelle beauté que cette tour de l'arête des Cosmiques qui s'illumine de reflets dorés… Dommage que le Web 2.0 ne permette pas encore de se téléporter au sommet de l'Aiguille. Peut-être dans la version 3.0 ?

Vifs remerciements au site de l'Aiguille du Midi. Vous pouvez y aller voir vous aussi : www.compagniedumontblanc.fr/webcam/tam2vuemontblanc.jpg

Et toutes les 15-20 minutes, la photo change :

lundi 15 décembre 2008

Des mots dans le bon sens

Après le test du clic, voici le test du CLAC (*).
Lisez attentivement ces deux phrases.

Phrase 1
La crise financière est l'opportunité de réguler la compétition entre les banques.
Phrase 2
La crise financière est l'occasion de réglementer la concurrence entre les banques.
La première rassemble trois anglicismes fréquents, relevés par un lecteur du Monde (courrier publié dans le numéro daté 14-15 février) tandis que la seconde emploie leurs équivalents français.
Un intéressant exemple de l'opacité causée par l'abus de transcriptions littérales de l'anglais, bourré de faux amis – mots proches, sens différents – ce qui fait tout son charme d'ailleurs !

Comme le rappelle ce lecteur, réguler s'applique à un fleuve, dont on régule le cours ou à une température que l'on régule dans un local, alors que la réglementation concerne des règles appliquées à telle ou telle activité.

De même, le mot anglais competition est la traduction de concurrence. S'il y a certes de la compétition entre les entreprises concurrentes, le sens n'est pas le même.

Enfin, les opportunities anglo-saxonnes sont des événemements favorables dont il convient éventuellement de profiter, alors que l'opportunité française est un jugement de valeur du caractère opportun d'un choix ou d'une décision.

La communication n'est pas un art facile à pratiquer. Raison de plus pour ne pas en rajouter !

(*) Comité de Liaison Anti-Charabia, sigle inspiré d'un autre courrier de lecteur, au Nouvel Obs ce coup-ci, qui a fondé (ironiquement) le Comité de Résistance Anti-Charabia.

Un clic foutraque

Sur le Web, il y a de tout, y compris des gags complètement foutraques, comme celui présenté par ce site japonais. Il s'agit d'une métaphore de ce qui se passe dans les entrailles de nos ordinateurs lorsque nous déplaçons le curseur de la souris sur l'écran. Mourant !

Le site s'appelle 1-click Award et le lien pour y accéder http://2006.1-click.jp.

Merci à Guy pour l'info…



En fouillant un peu, on trouve aussi cette parodie des messages d'alertes

vendredi 12 décembre 2008

Le jeu Google

Les associations de mots-clés dans Google donnent au blogueur le frisson de la célébrité, même si son inconscient le pousse à de telles circonvolutions que son mérite en est quelque peu altéré. Mais bon ! Quelques exemples nous concernant (un pluriel de majesté aurez-vous remarqué) :
Et voilà !

Epitek : une entreprise qui sait prendre des gants

Ce n'est pas tous les jours qu'une entreprise se crée au sein même de son propre pâté de maison. Voici pourquoi je salue ici la naissance de la société Epitek, dont le siège se trouve cours André Philip à Villeurbanne.

Epitek commercialise toutes sortes de protections, essentiellement pour les mains, permettant de sécuriser vos travaux professionnels, ménagers ou de loisirs. Vous y trouverez en particulier tous les gants possibles et imaginables.

Un véritable inventaire à la Prévert auquel il ne manque que le raton-laveur. Gants pour travaux de finitions, gants pour transporter des parpaings, gants de jardinage, gants nitrile résistant aux solvants, gants protégeant du froid avec leurs "grips" adhérant sur la glace, gants anti-coupures pour la tôlerie, gants de laboratoire, gants ménagers hypo-allergéniques, que sais-je encore !

Les achats s'effectuent exclusivement par correspondance sur le site http://www.protections-epitek.com. Vous pouvez aussi leur écrire à l'adresse contact@protections-epitek.com.


À l'occasion des fêtes, des étrennes et des cadeaux d'entreprise, Epitek a fait réaliser spécialement par un maître chocolatier des répliques d'outils plus vraies que nature. Pour leur consommation, toutefois, il est recommandé de se procurer un tablier de protection afin de ne pas tacher ses vêtements. Le produit est présenté à cette page.

Nous leur souhaitons de bonnes fêtes et une réussite méritée !

Sport-Dimanche

Boire ou se muscler, il faut choisir, semble penser ce porteur d'eau du dimanche, un symbole qui rappelle les santons de Provence. Parfait à l'approche des fêtes de Noël !


La photo est extraite d'un diaporama PowerPoint réalisé par le groupe Socialiste, Radical, Citoyen pour illustrer le refus du travail dominical. Que l'on me permette de verser au dossier complexe et polémique de cette affaire les deux grosses bonbonnes ci-dessus.

Le diaporama était, ce matin en tout cas, téléchargeable à cette adresse. Vous pourrez ainsi en prendre connaissance dans son intégralité.

jeudi 11 décembre 2008

10h10

Parmi les petites bizarreries qui jalonnent la vie quotidienne figure cet usage de présenter les montres et horloges affichant 10 heures et 10 minutes (éventuellement 9 minutes) tandis que la trotteuse se place souvent à trente secondes.
Une recherche sur le Web apporte des réponses qui paraissent logiques : esthétiquement, cette position des aiguilles est attrayante, elle ressemblerait qui plus est à un sourire et, enfin, éviterait de cacher la marque de la montre, généralement placée au centre de la moitié supérieure du cadran. Voir par exemple à jelamontre.blogspot.com.

C'est probablement ce qui m'avait inspiré au moment d'expérimenter le site de musique en ligne Deezer (voir cet article) et qui a réveillé mon attention lorsque j'ai pris un ticket de file d'attente à la Poste hier, le 10 décembre de surcroît. Manque de chance, mon numéro d'appel était le 009 et non le 010 – ce qui m'aurait incité à aller jouer au Loto dans la foulée…



Même les TER Rhône-Alpes adoptent cette position des aiguilles sur la couverture d'une de leurs brochures.


Quel intérêt que tout cela, me direz-vous ? Absolument aucun. Juste le charme discret des liens et des coïncidences…

Cet article a été publié à 10h10 le 11 décembre, ainsi que l'indique ma montre reproduisant la pendule des chemins de fer suisses qui figure en haut de cet article. Sur cette montre assez réussie, voir www.swiss-memories.ch

mercredi 10 décembre 2008

Hoax-Buster

Le meilleur du spam, c'est encore celui qui utilise les internautes pour se répandre. Une sorte de petit spamming entre amis ! Ce sont ce qu'on appelle des "hoax", autrement dit des canulars. Un joli exemple est reproduit ci-dessous. Il a connu de nombreuses variantes et n'est pas né de la dernière pluie puisqu'il a un an (décembre 2007). On remarque d'ailleurs que la soi-disant menace n'est pas datée, en particulier les annonces sur CNN ou Europe 1 – sans compter que la torche olympique n'est plus vraiment de saison…

Plus de renseignements à cette adresse :
http://www.hoaxkiller.fr/hoax/2007/virus_kevinblancher.htm

Et voici donc le corps du délit, succulent dans le genre :
Objet : Trans. : Message important à lire absolument
Dis a tous tes contacts qui sont dans ta liste messenger de ne pas accepter le contact kevinblancher@hotmail.fr
C'est quelqu'un qui pirate ton ordinateur et si l'un de tes contacts l'attrape tu seras touché aussi donc renvoie-le à tes contacts c'est urgent et ça va très vite ça circule depuis dimanche.
La confirmation de cette info a été diffusée sur EUROPE 1 hier.
Message à faire passer !! Dans les prochains jours, vous devrez faire très attention de n'ouvrir aucun message appelé « L'invitation » ou « qu'est ce que fais ta photo sur ce site ? » Peu importe qui vous l'envoie !!!
C'est un virus qui ouvre une torche olympique et qui brûle le disque dur du PC.
Ce virus sera envoyé par une personne que vous avez dans votre liste de contacts, c'est pour cela que vous devez absolument envoyer cet e-mail.
Il vaut mieux recevoir ce message 25 fois plutôt que de recevoir le virus et l'ouvrir !!! Donc, si vous recevez un message appelé 'invitation' NE L'OUVREZ SURTOUT PAS ET ETEIGNEZ IMMEDIATEMENT VOTRE PC.
C'est le pire virus annoncé par la CNN et classifié par Microsoft comme le virus le plus destructeur qui n'ait jamais existé jusqu'à présent !
Ce virus a été découvert hier après midi par MCAfee et il n'y a pas encore de solution pour palier à ce virus
Il détruit tout simplement la 'zone zéro' du disque dur où sont cachées les informations vitales !
ENVOYEZ CET E-MAIL A TOUS CEUX QUE VOUS CONNAISSEZ !!! A vos amis, vos contacts... Car plus vous préviendrez de personnes, plus le virus aura de difficultés à se propager.
Faites un copier coller pour transférer ce message.


Signé : un hoaxbuster parmi d'autres.
Un portrait-robot dudit Kevin Blancher circule sur le Net. On remarque en haut et à droite de son crâne la fameuse torche olympique qui brûle les disques durs.
Malheureusement, il semble que ce portrait ne soit, une fois encore, qu'un canular, un hoax du plus beau calibre.

mardi 9 décembre 2008

Le Nouvel Obs, pour nous, les nouveaux hommes

Le numéro 2300 du Nouvel Observateur, "spécial crise", promet sur sa couverture d'expliquer qui va trinquer, qui s'en tire et qui en profite.
Et si l'on inversait le mode de lecture de l'hebdomadaire, en s'attachant avant tout aux publicités ? On y apprend plein de choses intéressantes et en premier lieu que le magazine est avant tout "pour nous, les hommes". Mesdames, nous voici désolés, mais vous devez passer votre chemin et cliquer ailleurs…

Le casque dont le chef de l'exécutif se couvre virilement le chef confirme, s'il en était besoin, la tonalité de ce numéro vraiment très spécial.

NB : comme toujours, si les images vous paraissent trop petites, cliquez-dessus pour afficher une version plus vaste permettant de profiter de leur élégance.


Au dos de la couverture, page 2, Cartier vante son nouveau parfum pour hommes, le premier d'une longue série. Le flacon fait penser à un rasoir électrique de science-fiction, même si les psychanalystes, dont on connaît les travers, y verront un autre outil, tout aussi viril d'ailleurs…

Page 4 • Cette jeune femme nous lance un regard narquois et prévient qu'elle préfère les voitures qui ont du caractère. Message reçu. Il fallait comprendre les hommes qui ont du caractère.
Ainsi trouvera-t-elle chaussure à son pied…

Page 7 • Brad Pitt, le prototype de l'Homme nous pose une question en anglais, aimablement traduite à l'aide de l'astérisque légal : de quoi sommes-nous faits ? Diable ! À notre poignet, bientôt, une TAGHeuer indiquera que nous sommes faits de métal, matériau dont les hommes sont (en grande partie) constitués.


Page 9 • Si nous utilisons un téléphone LG, un très beau visage féminin nous répondra. Voilà qui est rassurant quant à nos capacités de séduction et qui incite à se procurer ce nouvel objet décoré de la marque Prada.

Page 11 • Kenzo annonce son nouveau parfum, pour homme bien entendu, répondant à la dénomination virile de Power (puissance pourrait répondre l'astérisque).

Page 13 • Un couple vante les qualités de la Volvo. Monsieur "aime son style" tandis que Madame, enceinte, "a confiance en lui". Qui, "lui", exactement ? Eh bien le nouveau Crossover Volvo (véhicule masculin bien sûr) qui accomplit l'exploit d'être, tenons-nous bien, à la fois un "coupé sportif", un "break surélevé" et d'adopter un style "résolument urbain". La perfection faite homme, pardon, voiture.


Page 15 • La France qui souffre. Oups ! Ce n'est pas une publicité. Tournons vite la page.

Page 17 • Cette jolie femme allongée sur la plage ne semble, elle, guère souffrir. Non loin (en haut et à droite de la photo), un homme musclé et bronzé comme un chocolat, veille sur sa sécurité. Dolce & Gabbana.

Page 21 • Burberry présente un beau et jeune couple paré pour la froidure, qui n'a pas oublié de se mettre à l'heure d'hiver ainsi qu'en témoignent les superbes montres exhibées aux poignets. Le garçon protège sa copine en lançant un regard à sa gauche qui devrait décourager toute agression…


Page 23 • SFR nous rappelle que, pour être (des hommes) performants, il importe avant tout de "faire les bons choix". Ouf ! Une information capitale au moment de choisir son nouveau BlackBerry avec GPS.

Page 27 • La marque Mennen, slogan "pour nous les hommes" comme le confirment ses trois premières lettres, prend soin de notre peau et nous propose "un peu de douceur" après l'action. Voilà un "baume apaisant" bienvenu après tant de performances épuisantes !

Page 29 • Chez Yves Saint Laurent, l'homme est "sensuel et magnétique", toujours métallique mais avec en prime l'électricité des sens. Imparable !


Page 31 • Jaeger-leCoultre nous pose la question : "Aviez-vous déjà porté une vraie montre ?" Selon toute vraisemblance, non, jamais. C'est le moment, même si nos poignets commencent à être encombrés à force de vouloir ressembler à de vrais hommes.

Page 33 • Shalimar, si toutefois il s'agit du nom de la jeune femme qui nous regarde de ses beaux yeux pâles, est sans aucun doute sensible au magnétisme et à la sensualité. Voilà qui tombe à pic !

Page 35 • Jameson, le whisky, est Irlandais nous rappelle-t-on, mais "pas seulement". Comme l'illustre l'enseigne lumineuse dont la bouteille est le "i", ce whisky est aussi… Allemand ! Un alliage de métaux riches.


Page 39 • Lierac a créé un soin visage "haute tension", lui-aussi magnétique probablement. Ce soin correcteur est le premier à supprimer les doubles mentons – ce qui est peut-être douloureux, mais la "peau des hommes" est au-dessus de cela !

Page 41 • Aberlour est un autre whisky. Il ne trouve "rien à ajouter" à la question de Jameson, si ce n'est tout de même que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.

Page 45 • La boucle est bouclée, voici que Gucci arrive en queue de peloton avec, encore une fois, son "nouveau parfum pour homme". Ce n'est guère que le troisième, après Cartier et Kenzo, sans oublier Mennen, qui commercialise aussi des eaux de toilette.

Nous arrêterons là de feuilleter notre hebdomadaire favori, car la fréquence des publicités se ralentit quelque peu, ce qui devient beaucoup moins intéressant.

Résumons-nous
Quelle silhouette se dessine pour le nouvel homme du nouvel observateur, ainsi observé au travers du prisme des publicités ?

Avant tout, il sent bon, parfumé avec toutes sortes de parfums et dûment encrémé de multiples onguents assurant la douceur et l'élasticité de sa peau. Fini le temps des mâles puant la sueur !

L'homme nouveau est à l'heure. Obsédé par les montres, il alterne, selon les jours et les rendez-vous, entre de très beaux chronographes ou autres "vraies" montres qui soulignent son authenticité et devraient éviter, en principe, qu'il n'arrive en retard aux rendez-vous accordés à ses conquêtes (dont des échantillons fort affriolants nous sont présentés dans ces pages).

L'homme d'aujourd'hui est performant, solide comme le métal, électrique et dynamique, toujours sous "haute tension" et proche de ses sens. Voilà qui a du caractère.

L'homme téléphone beaucoup, au point que ses poches sont remplies de machines de toutes sortes qui, non contentes de lui permettre d'être performant dans ses communications, lui disent à tout moment et en temps réel où il se trouve. Aucun risque de désorientation par conséquent.

Enfin, l'homme roule dans de belles automobiles, massives, rapides et puissantes, tels ces prodigieux 4x4 qui franchissent (crossover) tous les obstacles. Les femmes aiment ce style et font confiance aux véhicules et à leurs conducteurs. En voiture, Simone ! [C'est moi qui klaxonne].

lundi 8 décembre 2008

Fête de la lumière à Lyon


Quelques clichés de la fête de la Lumière du 8 décembre à Lyon, pris au parc de la Tête d'or.


La réalité dépasse la fiction. De quoi peut-il bien s'agir ?


Quelques projecteurs distillent des lumières mystérieuses…


…de tous les côtés.

Dix heures

L'idée semble excellente :




Deezer, que je ne connaissais pas, propose d'écouter en direct (streaming), à la façon d'une radio, des chansons et musiques choisies parmi des millions. L'exemple ci-dessus concerne une liste personnalisée de morceaux (playlist) que j'ai constituée rapidement en piochant dans l'immense base de données de ce site. Les ayants droit sont rémunérés, ai-je cru comprendre, par le biais de la publicité et des liens commerciaux. Un nouveau modèle économique et juridique qui devrait faire parler de lui. Si l'on pousse jusqu'à son terme la logique de ce procédé, il n'y aura bientôt plus guère de raison d'entasser chez soi des CD, ni d'acheter des MP3 en ligne, ni de télécharger illégalement des fichiers. Une affaire à suivre !


Deezer et dix minutes. Je ne sais d'où vient le mot "deezer". La seule association qui me vient à l'esprit est l'heure. Les fondateurs du site, je crois, évoquent aussi l'analogie avec "diseurs". De bonne aventure ?

Un vif merci au site fleuristerie.net qui m'a permis de découvrir Deezer. Visitez le site de ces fleuristes créatifs localisés à Villeurbanne.

samedi 6 décembre 2008

Orthographe version 2 point zéro

Le Monde 2 est décidément un autre monde ! Dans son dernier numéro, un long entretien avec l'agrégé de grammaire et docteur ès-lettres André Chervel prône une réforme de l'orthographe. Un vieux serpent de mer.

André Chervel reconnaît pourtant ceci :
Une orthographe commune à tous les Français est indispensable. Elle est le ciment graphique d'une culture. Elle est seule en mesure d'éviter les ambiguïtés (2) dans la communication écrite.
Un luxe ?
En dépit de cette affirmation pertinente, il est convaincu que l'orthographe doit être réformée, estimant qu'aujourd'hui cette discipline est devenue un "luxe", une pratique d'élite, voire une discrimination sociale. Les élèves auraient en moyenne deux années scolaires de retard en orthographe par rapport à ceux de 1988. André Chervel s'appuie sur l'histoire, qui a été jalonnée de réformes de l'orthographe et déplore que celle-ci soit en quelque sorte "figée" depuis 1835.

Un foutoir inextricable
Son regard d'historien lui fait perdre de vue la réalité. Le nombre de pratiquants et d'utilisateurs de l'écrit a explosé en un siècle et demi : livres incomparablement plus nombreux, journaux et magazines à profusion – sans oublier Internet et ses milliards de pages ! Il n'est guère étonnant que ce volume gigantesque d'écrits ne pousse à une exigence de stabilité. L'usage contribue certes à l'évolution de l'orthographe, mais plus que jamais nous avons besoin de repères, ce "ciment graphique" justement mis en évidence. Une réforme autoritaire était possible quand le nombre de personnes sachant lire et écrire était limité (en 1875, la moitié des femmes et un quart des hommes étaient analphabètes) et que le pouvoir de décision revenait à des souverains au pouvoir absolu. Aujourd'hui, ce serait un foutoir – excusez le terme – inextricable.

Les propositions d'André Chervel ressemblent à cette novlangue évoquée hier. En voici un échantillon :
Je suis alé au colège en biciclette pour aprendre l'ortograf, trop dificile pour un inocent come moi. Par ipotèse, j'emprunterai des livres à la bibliotèque pour lire des croniques sur les daufins et d'autres animaus.
Une attitude autoritariste
Imaginez les difficultés de lecture lorsque l'ancienne orthographe et la nouvelle seraient mélangées ! Car André Chervel escamote une chose : par quel miracle contraindrait-il tous les utilisateurs de la langue française à adopter son ortograf ? Cette attitude est irréaliste et un tantinet autoritariste (1). Le remède serait pire que le mal. Il en résulterait inévitablement une novlangue encore plus confuse que le langage SMS. Nous ne sommes plus à l'époque des rois qui décrétaient, du haut de leur Droit divin, comment les mots devaient s'écrire.

Faire des économies…
Il est vrai qu'aujourd'hui la société considère comme des "luxes" nombre de valeurs telles que la solidarité, l'emploi, la justice ou la paix. Faut-il supprimer tout ce qui est complexe ? Or la richesse de l'expression est par essence complexe. La mode est certes aux "économies". Peut-on pour autant faire l'économie de notre orthographe ? Une modernité au rabais…


Enfin, conclurai-je ironiquement, songez au pauvre Google dont tous les mots-clés seraient soudain invalidés. Ayez pitié des ordinateurs… à défaut de nous, pauvres lecteurs et blogueurs ! Au-delà de la plaisanterie, force est de reconnaître que, quoi qu'on en dise, l'orthographe est bien ce "ciment" qui permet de s'y retrouver dans notre monde complexe. Après le Web 2.0, le Monde 2.0 fait la promotion de l'Ortograf 2.0. Deux fois zéro pointé devrait-on lui attribuer comme note !

NB : il reste à espérer qu'aucune faute d'orthographe ne figure dans cet article… Je compte sur la vigilance des internautes ;-))

(1) André Chervel évoque le basculement du franc vers l'euro, ce qui est typique du mauvais exemple, qui n'a rien à voir avec la choucroute, et révèle au passage le travers du professeur, qui croit possible d'imposer ses vues par pure autorité !
Lors du passage à l'euro, il y avait le même type de résistance du corps social. Mais le changement a été net, sans moyen terme, avec impossibilité d'un retour en arrière.
Imagine-t-on un basculement à la nouvelle ortograf au premier janvier de l'année 2010 par exemple ? Modification de toutes les pages Web, réédition de tous les livres, en particulier des codes législatifs, remplacement de tous les panneaux d'affichage dans l'espace public, mise à jour de tous les logiciels informatiques… Un cauchemar !
(2) Attention à ne pas faire trop confiance aux dictionnaires informatiques, tel celui de Firefox, qui est assez ambigu à propos des ambiguïtés (voir ci-contre en cliquant sur l'image si elle est trop petite pour être lue aisément).
Gageons que de tels problèmes n'existeront plus quand l'ortograf 2.0 sera en vigueur !

(3) Dernière heure : dans le numéro suivant du Monde 2 (n°252), deux courriers de lecteurs réagissent à cette proposition farfelue. L'un d'entre eux attire l'attention du professeur sur les francophones, sous le titre : "Francophonie, pas francofonie" en indiquant avec pertinence « Ne soyons pas des dictateurs inconscients. Modifier unilatéralement l'orthographe détruirait la communication entre francophones du monde entier […] et introduirait une rupture dans la transmission d'une culture. »
La rupture serait tout aussi redoutable à l'intérieur de la seule France d'ailleurs. Mais, c'est encore une mode, la rupture semble plaire…


Addendum du 10 octobre 2012
Le correcteur orthographique intégré à Firefox évoqué au (2) tient compte d'une réforme de l'orthographe proposée en 1990 (voir cet article sur Wikipédia). Parmi les mots concernés figure le célèbre “événement” que la réforme propose d'écrire avec un e accent grave en seconde position : “évènement”. Ce qui est délicat, avec ces réformes, c'est que l'on finit par mélanger les deux orthographes existantes, ce qui crée plus de confusion que de simplification – à notre avis du moins !

vendredi 5 décembre 2008

Spam-langue

Grâce aux spams, nous apprenons à rédiger dans une langue qui n'a rien à envier à la novlangue de George Orwell et que nous pourrions appeler la "spam-langue". En voici un exemple édifiant reçu ce matin-même, dans lequel nous avons inséré quelques commentaires, sans toutefois relever l'intégralité des innovations stylistiques passionnantes qu'il recèle.

Bonjour : Je viens pas [vous venez, ou… pas ?] la pressente [pressant ?] message pour vous adresser une lettre de relance dans le cadre de ma dite offre afin de savoir ci [sisi] vous avez reçu mon premier message, relatif pour les DON que je vous offrie [du verbe offrier] pour sauvér [accent aigu très grave] les orphelins, puise [dans le puits] que jusqu’à ce jour je n’ais reçu aucune réponse de votre part pour la survivre de ces enfants ; ci non vous aurez nouveaux le contenu du lien fondamentale [au féminin bien sûr] de ce projet d’assistance. Permettez moi de vous présenter mes excuses les plus sincères [ça oui, il y a de quoi]. En effet je suis héritier, actuellement je suis dans un cas extrêmement critique et pour une raison de santé, j’ai eu une confirmation de mon Docteur et après plusieurs analyses, il est question que je souffre d’un mal qui nécessite sans doute ma non survivre [nouvelle expression politiquement correcte pour désigner la mort]. J’ai été abandonner pas ma famille [c'est pas bien d'abandonner sa famille], bien attendu [du jugement] parce que je suis mourant, pour leur permettre de bénéficié de mes biens, je profite de cette occasion pour vous informer que jais [geais ?] reçu a déposé toute ma fonds [et moi tout mon finance] à un lieur sure [bonre sang mais c'est bien sûre !], et je pense a vous confier cette fonds avent […Noël ?] de rentre dan la sale [propre] de opération des la réception de votre réponse. Malheureusement ? Dieu ne m’a pas donné des héritiers (Enfants). Cher parent, pour des raisons personnelles et précitées dans les différents paragraphes, j’ai pris la décision de mettre à la disposition des personnes de bonnes volontés des VOITURES [de quelles marques ?] et en fait don et encadrement des enfants abandonnés (LES POUPORNIERES [les pauvres enfants risquent de se retrouver dans l'ornière, sinon dans le ruisseau]. NB / Ce message vient profondément de mon coeur, et merci pour avoir porter assistance à ces enfants innocents. NOTICE INPORTENTS [impotent ?] : Je vous pries de me contacter a l’adresse de Mr Friday [et de sa femme Mme Vendredi] Email : … Tel, … qui sera charger [lourdement] des vous donné [hé ! hé !] tous les renseignements utiles et procédure à suivre. Merci pour tous vos compliments [il n'y a vraiment pas de quoi vous complimenter !] Mme Mary OTOGUUTI [Moto Guzzi ?]
Étonnant, n'est-ce pas ? Ces spams atteignent le summum de l'Art Brut du Web. D'ailleurs, certains ne sont s'y pas trompés, comme spame-moi.com ou le très sophistiqué spamrecycling.com

Je prêcherai aussi pour terminer en faveur de ma chapelle en vous recommandant avec la plus grande subjectivité la rubrique "Le meilleur du spam" de ce blog, qui compte à ce jour une douzaine d'articles.

mercredi 3 décembre 2008

Les invasions oranges


Le slogan d'Orange pour les fêtes nous incite à nous laisser envahir par toutes sortes de choses : les émotions, le divertissement, le foot, les envies, nos passions, que sais-je encore !

Or c'est tout le contraire dont nous avons besoin. Le déferlement des images médiatiques nous envahit; la colère nous envahit quand on voit toutes ces crises, injustices, crimes et cruautés qui agitent le monde; les technologies nous envahissent, tels ces appels téléphoniques qui tronçonnent les conversations avec des amis ou avec des clients et envahissent notre présent en le saucissonnant; les publicités nous envahissent, partout, au détour de pages Web, de panneaux défilant dans les rues, de spots à la radio ou à la télé…

Résistons à l'invasion et à l'envahissement. Ne nous laissons pas envahir. Filtrons, sélectionnons, canalisons, maîtrisons nos passions, nos envies, nos émotions – et le foot, surtout !


Ne nous laissons pas envahir non plus par la complication inutile, à l'instar de ces tableaux de tarifs de téléphones mobiles, d'une complexité inouïe. Dire que l'on reproche aux tarifs de la SNCF d'être "peu lisibles", ou aux programmes des personnalités politiques d'être trop techniques pour le citoyen. Quand on voit les efforts que le citoyen-consommateur est capable d'accomplir pour décrypter un tarif de téléphonie mobile, alors l'espoir renaît : avec Orange, tout redevient possible !

Souchon en solo

Alain Souchon a été le premier à chanter les absences, les doutes, les hésitations, mettant du baume au cœur de ceux qui, tout comme lui, n'étaient "pas là", ressentaient du "dégoût", avaient "bobo" ou se sentaient "bidons". Il sait aussi se révolter, exprimer avec dérision de sourdes colères, depuis la "façon dont on nous parle" jusqu'aux "parachutes dorés". Son vague-à-l'âme en indisposait certains, tel Michel Field à un de ses Cercles de minuit il y a de cela pas mal de temps. Et pourtant !

Dans son dernier CD, Souchon nous propose d'écouter "d'où sa peine vient" (on ne saura pas vraiment, d'ailleurs, ce serait trop facile). Un programme en demi-teinte, à l'image des musiques, discrètes au point d'être parfois évanescentes, arrangées si sobrement qu'elles en paraissent bien ternes.

L'une des raisons de ce parti pris tient à l'absence de l'alter-ego, Laurent Voulzy. C'est un peu comme Lennon sans McCartney, qui se laissait aller à une certaine violence, ou McCartney sans Lennon, qui pouvait tomber dans la mièvrerie. Un acte manqué révèle combien Voulzy manque, justement, à Souchon : une onzième chanson, non créditée sur la pochette et le livret du CD, tente de rattraper l'absence de ce qui aurait pu s'appeler, dixit le chanteur, Sans Lorenzo.

Souchon a toujours composé, contrairement à ce que l'on suppose trop souvent. Aujourd'hui, à nouveau en solo, il retrouve sa ligne des tout débuts. Si les textes sont excellents, subtils, emplis d'euphonies tombant pile pour illustrer le propos (1), l'emballage musical (mélodies et arrangements) souffre de ce qui n'est pas seulement du minimalisme. Petite déception pour les amateurs de versions plus colorées, plus typées, plus dynamiques aussi.


Il reste à attendre l'album en duo avec "Lorenzo" annoncé par Souchon sur son site il y a quelques mois. Mais quand on connaît le perfectionnisme diabolique de son copain Voulzy, on s'inquiète ! Il ne faudrait pas attendre dix ans qu'ils aient à nouveau dix ans, nos deux sexagénaires(2), sinon ils auront soixante-dix ans. Dépêchez-vous, les copains, on vous attend !


La mise en scène du nouveau site de Souchon mérite le voyage (www.alainsouchon.net). Sacrés talents d'acteur ! Sa façon de nous inciter à "cliquer" est désopilante, son arrivée sur le fond blanc de l'écran ne manque pas de panache et lui donne une présence troublante !

(1) Quelques exemples savoureux :
Et puis la foule s'est mise à marcher / Au pas de loi du marché
C'est le CAC avec son gling-gling / Qu'a fait "the times they are a changing"
(Rêveur)
Adieu château Pétrus en costards Lanvin / Adieu les jolies putes russes dans les Mystère 20 (Parachute Doré)
7 heures, pain beurre et jolie porcelaine / Longeant les splendeurs de la côte italienne / Air embaumé, Méditerranée / Transports amoureux surannés (La Compagnie, à propos des wagons-lits)

(2) Voulzy aura soixante ans le 18 décembre. Bon anniversaire avec un peu d'avance ! Souchon est de quatre ans son aîné (27 mai 1944).

lundi 1 décembre 2008

Copier-coller depuis la presse

Petits découpages virtuels dans la presse quotidienne à l'aide des ciseaux du numériser-coller.

Dans Libération de ce matin 1er décembre

(cliquez sur l'image pour lire le texte sur une version haute définition)

Que d'extrêmes ! Le voisinage de ces deux articles ne doit probablement rien au hasard. Il n'en demeure pas moins instructif. La sordide affaire de Long Island montre, s'il en était besoin, qu'il n'y a rien de plus bête qu'une foule. Certains sociologues prétendent que le niveau mental d'une foule est égal à celui du plus stupide de ses membres. Ils trouvent ici une confirmation de leur théorie…

Renseignements pris sur le Web, l'Église du Stop Achat ressemble plus à une farce second degré qu'à une secte. L'une des chansons (!) publiées sur son site comprend ces deux vers, sûrement une prédiction :

« Back away from the Wal-Mart back away
Back away from that big box back away »

Ne perdant pas le Nord cependant, l'organisme recueille des donations de 12 à 1000 dollars, ce dernier montant vous conférant le titre de Eternal Lifer. Voilà en tout cas de la non-consommation qui ne sera pas perdue pour tout le monde !

Dans Le Monde daté de dimanche-lundi
Satisfaction nombriliste du blogueur qui lit dans la presse un courrier de lecteur allant dans le sens de ses exaspérations ! C'est le cas de celui de Gérard Tronel au Monde reproduit ci-contre.
Qu'il soit donc ici chaleureusement remercié !
(cliquez sur l'image pour lire le texte sur une version haute définition)

vendredi 28 novembre 2008

McCartney : musical arguments

Paul McCartney s'est toujours distingué par la facilité avec laquelle il compose. À croire, comme le disait joliment Souchon à propos de Voulzy, qu'il est un récepteur, doté d'une antenne en liaison directe avec l'inspiration venant d'on ne sait où d'ailleurs !

Sans doute est-ce pour cela qu'il a besoin d'organiser le processus créatif, de créer les conditions de son épanouissement mais aussi de le canaliser, voire de l'encadrer dans des limites volontiers contraignantes, afin de s'assurer que l'inspiration débouchera sur quelque chose de fini. Savoir quand et où s'arrêter, le souci de tout artiste…

À la fin de la période Beatles, Paul McCartney cherche à redonner à ses compères l'envie de jouer ensemble. Il leur propose d'abandonner le re-recording, cette technique d'enregistrements séparée de plusieurs parties, certes commode mais moins naturelle, pour se rassembler dans le studio de Twickenham avec comme projet d'enregistrer tout en étant filmés. L'ambiance froide des lieux – et tout aussi froide entre les quatre garçons – ne produira pas l'effet escompté. Les bandes magnétiques, mises au rebut, seront reprises quelques mois plus tard pour donner le LP Let It Be, surchargé d'arrangements sirupeux par Phil Spector. Il faudra attendre les années 2000 pour que soient publiées les bandes dans leur état originel (Let It Be Naked).

Pour son premier album en solo, McCartney met sur pied l'ancêtre du home studio : il installe dans sa ferme d'Écosse un magnétophone Studer 8 pistes sur lequel il branche directement un unique micro et enregistre une par une les différentes parties de ses chansons, tel un homme-orchestre – histoire de montrer qu'il peut désormais se passer des Beatles…

Après le travail complexe sur l'album Ram, l'ex-Beatle décide de former un nouveau groupe, les Wings. Pour donner le maximum de naturel à leur premier album, sept titres sont enregistrés en seulement trois jours, la première prise étant souvent jugée la bonne. Moins de deux semaines suffiront à boucler le processus. Il en résulte un album étrange, parfois très instrumental puisque deux titres, Bip Bop et Numbo, sont illustrés par ce qui s'apparente à du scating (voix traitée comme un instrument par une suite d'onomatopées).

Lorsque le batteur et le guitariste soliste des Wings démissionnent, durant l'été 1973, Paul McCartney s'en va enregistrer Band On The Run au Nigéria, en effectif réduit puisque seuls Denny Laine et sa compagne Linda jouent avec lui. Malgré des conditions de travail plus que perturbées, le résultat donnera l'un des chefs-d'œuvre de l'après-Beatles.

Courant 1977, c'est carrément sur un bateau que McCartney décide d'embarquer l'effectif du groupe Wings version 2. Le yacht Fair Carol est équipé d'un studio 24 pistes et de tout le matériel nécessaire et les musiciens partent en croisière dans les Caraïbes. L'air de la mer n'aura pas l'efficacité escomptée puisque, à nouveau, batteur et guitariste-solo jettent l'éponge, au point que le futur album London Town est achevé "en ville" par le noyau dur des Wings, Paul, Denny et Linda.

En 1978, c'est dans un château du Kent, le Lympne Castle, que McCartney emmène son groupe pour essayer de créer une atmosphère inédite. Ce sera un semi-échec (confer l'album Back To The Egg). Un an plus tard, Paul réédite la formule de la ferme-studio, toujours avec un magnétophone Studer, cette fois à 16 pistes, et passe deux mois à enregistrer des morceaux parfois expérimentaux, faisant un usage immodéré du synthétiseur et d'effets sonores de voix (en particulier l'accélération des bandes). À nouveau, le résultat est contrasté, parfois intrigant, parfois irritant. Une partie des morceaux se retrouvent sur McCartney II (1980).

Durant les années quatre-vingt, l'ex-Beatle traverse une période de doute se traduisant par une abondance de compositions souvent disparates, parfois mises au rebut puis recyclées, avant qu'il ne forme un nouveau groupe qui lui redonnera du punch et des idées plus cohérentes. À part l'enregistrement de vieux standards du rock, il ne recourt plus guère à ces formules originales de "mise en situation". Cela ne l'empêche pas de réussir de très bons enregistrements dans les années quatre-vingt-dix.

Sur l'album Flaming Pie (1997) on peut entendre la chanson Young Boy (et la voir sur YouTube désormais). Sa composition résultait aussi mise en situation : limites de temps et de lieu, ainsi que l'expliquait le compositeur dans une interview.
Nous étions à Long Island et Linda préparait un déjeuner avec Pierre Franey pour un article dans le New York Times. Je suis parti dans une petite pièce avec ma guitare et j'ai commencé à jouer quelques accords et une chanson m'est venue… Quand ils ont fini de préparer le déjeuner et qu'ils m'ont demandé ce que j'avais fait, je leur ai répondu : "C'est drôle que vous posiez la question parce qu'en fait, j'ai écrit une chanson." J'adore ce moment-là, parce que je sais que les gens n'ont aucune idée de la manière dont on écrit une chanson.

Début 2001, après avoir recruté des musiciens en vue d'une future tournée, McCartney organise l'enregistrement de ce qui allait devenir l'album Driving Rain. Il réserve un studio à Los Angeles pour une durée limitée (16 février au 2 mars) et se lance à toute allure, enregistrant 18 titres d'affilée, quitte à ne consacrer que quelques heures à certains d'entre eux. L'ambiance de l'album n'en sera que plus naturelle et énergique, à l'image de Rinse The Raindrops, à moitié improvisé et durant plus de dix minutes sur le CD (et beaucoup plus dans la réalité).

Pour Chaos & Creation In The Backyard, la méthode est suggérée par le producteur, Nigel Godrich, qui demande à Paul McCartney de laisser de côté les morceaux qu'il avait préparés et de composer de nouveaux morceaux en studio, en jouant de tous les instruments comme il sait si bien le faire. C'est une grande réussite. De l'aveu des critiques les plus sévères, ce serait le meilleur album solo de l'ex-Beatle. Qualité de l'interprétation, subtilité des arrangements, retour du piano, excellence des mélodies, le "cadrage" a eu du bon !

Et voici que, tout récemment, pour enregistrer l'opus 3 du duo formé avec Martin "youth" Glover sous l'étiquette The Fireman, McCartney recourt une fois encore à la contrainte du temps en décrétant qu'il enregistrerait avec son compère un morceau par jour, sans aucune préparation, pour donner le maximum de spontanéité à ce qui vient d'être publié sous le titre de Electric Arguments. Le recul nous manque encore pour donner une analyse sereine d'un CD que le quotidien Le Monde qualifie de "fourre-tout séduisant et agaçant"…

mercredi 26 novembre 2008

Désir de 2012

Dans une vidéo publiée sur le site du Nouvel Observateur, Ségolène Royal explique à quoi elle va passer désormais son temps, car, déplore-t-elle ironiquement : « Je vais avoir du temps par la force des choses ». L'ex-candidate du PS à la présidentielle « continue plus que jamais » et incite ses partisans à la rejoindre à Désirs d'avenir. Elle se félicite d'avoir désormais « une équipe soudée » sans qu'on sache s'il s'agit du PS ou de son club.


Sur le vote, l'amertume domine : « la moitié, que dis-je ?, sans doute un peu plus, car nous n'avons pas eu droit à un nouveau vote » indique-t-elle, perfide (ci-dessus). Lors de l'élection présidentielle, nous n'avons pas non plus eu droit à un nouveau vote, des fois que les Français aient changé d'avis et lui aient donné la majorité. On retrouve ici ce trait souvent irritant des personnalités politiques qui refusent la règle de la majorité et souhaitent que l'on revote – comme pour les référendums sur l'Europe.

Quoi qu'il en soit, « 2012 c'est demain » conclut-elle, faisant montre d'un indiscutable « désir de 2012 » ! Avant cela, les élections européennes auront eu lieu. Et l'on se doute bien que Ségolène Royal souhaite bonne chance à sa première secrétaire…

Un puzzle de néologismes
Au-delà des petits calculs et des petites phrases, Ségolène Royal semble la vraie gagnante de ce scrutin. Qu'elle soit majoritaire ou pas ne change rien à l'affaire : même avec 49,9%, elle trouve en face d'elle une "majorité façon puzzle" composée d'aubryïstes (aubrystes ?), de jospino-delanoïstes, de fabiusiens, de strauss-kahniens, d'emmanuellistes, de hamoniens et de montebourgeois – sans compter quelques hollandais – qui risque d'éclater rapidement face aux royalistes…

Au passage, Google aura, encore une fois, le plaisir de référencer d'intéressants mots-clés :


Pour le moment, en effet, le moteur de recherches demeure hésitant, et associe librement à partir de son inconscient d'ordinateur Benoît Hamon à l'harmonie et Martine Aubry à une artiste.

mardi 25 novembre 2008

Un Monde coruscant

La lecture du quotidien Le Monde, tout en dévorant une pizza, stimule l'appétit des mots. Qu'on en juge avec cette revue de presse d'une édition coruscante, celle qui était datée du 25 novembre.

En une, ce sont les angoisses du PS au sujet du récolement (1) qui dominent, analysées comme un schisme (2) électoral en page 2. Un peu plus loin, on apprend le retour des clintoniens (3) à la Maison Blanche, tandis qu'au Japon l'Église béatifie (4) en masse 188 martyrs à Nagasaki – j'ai cru brièvement qu'il s'agissait de victimes de la bombe atomique alors que ce sont des catholiques japonais persécutés entre 1603 et 1639.

Si vous gagnez plus de 150 000 livres (5) par an – non des bouquins, mais la monnaie Britannique – une surtaxe de 5% vous sera appliquée en 2010. Nos amis d'Outre-Manche savent manier le bouclier fiscal avec plus d'élégance que nous et peuvent répondre affirmativement à la question du supplément Économie du quotidien : "Qui peut (vraiment) se payer un plan de relance ?" Réponse : certainement pas la France.

Page 11, c'est de kilomètres par heure (6) dont il s'agit : les deux jeunes morts en mini-moto à Villiers-le-Bel il y a un an roulaient à 66 km/h sans casque et avaient heurté une voiture de police roulant quasiment à la même vitesse (64 km/h). Une information qui entre étrangement en résonnance avec les textes de la page 24 : des amendes difficiles à contester (à propos de radars) et le retour des grosses motos de légende.

Page 12, pour la CGT, la réforme du service public de l'audiovisuel sonne l'hallali (7) et donne le signal de la curée (8). Page 15, nous découvrons la profession qu'exerce Nelly Saunier : plumassière (9) qui était aussi l'activité d'Odette Toulemonde, interprétée par Catherine Frot dans le film éponyme. Page 17, le dernier essai d'Emmanuel Todd est éreinté par Bertrand Le Gendre qui, cependant, le qualifie de coruscant (10).

La disparition du dessinateur Guy Peellaert permet d'apprendre que son personnage phare s'appelait Pravda la survireuse (11) (encore une allusion à la moto). Page 27, ce sont les Kiwis (12) qui deviennent champions du monde… de rugby – comme quoi les fruits peuvent aussi être doués en sport.


En dernière page, Robert Solé rédige un billet, tout ce qu'il y a de coruscant, sur le mot Récolement (1). La boucle est bouclée !

(1) Récolement : voir mon précédent article !
(2) Schisme : séparation des fidèles d'une religion, venant de mots grecs signifiant "fendre".
(3) Clintonien : ne pas lire trop vite ce mot, qui n'a rien à voir avec la sexualité, et ce bien qu'il désigne les partisans de Bill Clinton, spécialiste en la matière.
(4) Béatifier : à ne pas confondre avec "bêtifier" (dire des bêtises), ce verbe vient du mot "béat" (heureux) – les deux sens peuvent se rejoindre quand on à affaire à des imbéciles.
(5) Livre sterling : unité monétaire de la Grande-Bretagne, sur l'origine de laquelle les avis semblent partagés si l'on en croit Wikipédia.
(6) Kilomètres par heure ou km/h.
(7) Hallali : n'a rien à voir avec la viande Halal car dérivé de l'expression ancienne "hare à lui" lancée par les chasseurs pour désigner la bête poursuivie.
(8) Curée : ce n'est ni l'épouse du curé, ni le féminin du même – du moins tant que l'Église refusera d'ordonner des femmes-prêtres(ses). Le mot dérive de "cuir" (la peau du cerf).
(9) Plumassière : ce terme ne désigne pas on ne sait quelle plumitive, mais bien quelqu'un qui travaille les plumes d'oiseaux.
(10) Coruscant : le mot du jour ! Issu du latin coruscans, il signifie brillant, éclatant.
(11) Survireuse : le mot russe Pravda signifie Vérité. L'héroïne de la BD pilote une moto vraisemblablement survireuse.
(12) Kiwis : équipe de rugby néo-zélandaise.