mardi 26 juin 2007

Hot Key : press escape key to win

Le quotidien Le Monde relatait hier une affaire étonnante qui s'est déroulée à la Tour Eiffel.

Plusieurs caissières des ascenseurs s'étaient aperçues qu'en appuyant, paraît-il, sur la touche Escape du clavier de leur ordinateur, un billet s'imprimait sans être décompté par le logiciel. Comprenant le parti qu'elles pourraient tirer de cette découverte, les dames prirent l'habitude d'appuyer sur cette "hot key" et de vendre les billets à leur bénéfice personnel.

Elles se sont fait prendre au bout de longues années, et un million d'euros auraient ainsi été détournés.

Pour une fois que l'informatique prend des initiatives à l'avantage de ses utilisateurs(trices), cela méritait d'être souligné !

Pourtant, j'ai beau appuyer sur la touche Escape de mon ordinateur, aucun billet de banque ne s'imprime sur ma jet d'encre couleurs. Dommage !

Il restera aux infortunées (si l'on peut dire) caissières à invoquer l'erreur informatique, dans le registre : « ce n'est pas de ma faute, c'est à cause de l'informatique ! », mais je crains que cette excuse ne leur permette pas d'échapper (to escape) à la sanction… Quant au programmeur, il a bien fallu qu'il place dans un coin une petite routine réagissant à la pression sur la "hot key". Je n'aimerais pas être à sa place…

Locataire ou propriétaire ?

Durant la campagne électorale, les deux finalistes semblaient d'accord sur un point : le statut de propriétaire est préférable à celui de locataire. Tandis que Nicolas Sarkozy rêvait d'une « France de propriétaires », Ségolène Royal estimait que les locataires des logements sociaux devaient, au bout de 15 années de loyers, accéder à la propriété de leur logement.

La question n'est pas aussi simple, et on peut noter au moins deux contradictions :
  1. Nicolas Sarkozy, en tant que libéral, souhaite la flexibilité et donc la mobilité des employés afin qu'ils puissent s'adapter rapidement à une mutation professionnelle par exemple. Quoi qu'on en dise, être propriétaire complique singulièrement le changement de domicile et crée une incontestable rigidité du marché du travail.
  2. Ségolène Royal oubliait peut-être au passage que devenir propriétaire d'un logement HLM n'est pas forcément un cadeau, en particulier lorsque les immeubles, vieilissants, doivent être réhabilités, ou que l'environnement urbain rend une revente aléatoire. Vendre, même à vil prix, les HLM à leurs occupants peut aussi être analysé comme une façon cynique de se débarrasser du problème des Cités.
Le locataire pense souvent que payer un loyer, c'est jeter de l'argent par les fenêtres. Le propriétaire, quand il rembourse son emprunt, ne fait pas que rendre l'argent qu'on lui a prêté, il paye des intérêts. Or, ceux-ci pourraient aussi être considérés comme "jetés par les fenêtres". En définitive, les loyers du locataire ne sont rien d'autre que les intérêts du bailleur. Dans les deux cas, il s'agit du loyer de l'argent – emprunté ou placé.

Un propriétaire supporte en outre plus de charges qu'un locataire, et doit aussi acquitter une taxe foncière. L'entretien "lourd" d'un immeuble est en effet financé exclusivement par ses propriétaires, surtout lorsqu'il vieillit. Le remplacement des ascenseurs ou le ravalement en sont deux exemples typiques. Le maintien de la valeur d'un logement suppose d'être en mesure de "remettre au pot" régulièrement.

Alors, qu'est-ce qui, au final, fait la différence ? C'est avant tout, sinon exclusivement, la plus-value, autrement dit l'accroissement de valeur du bien immobilier, qui constitue à la fois un bénéfice potentiel et une sécurité : en effet, si les sommes déposées sur un livret de caisse d'épargne progressent bon an mal an de quelques pourcent, il arrive que le prix du mètre carré à la vente connaisse des hausses spectaculaires, comme c'est le cas depuis une dizaine d'années. Il est certain que voir son capital doubler en 7 ans est une aubaine tentante. À condition de ne pas avoir besoin de revendre lorsque la tendance s'inverse.

L'inflation immobilière est redoutable. Elle peut jouer des tours pendables à un propriétaire qui doit déménager pour cause de mutation professionnelle : s'il quitte par exemple un marché extrêmement actif – Paris pour ne pas la nommer – pour acheter dans une petite ville au marché déprimé, et souhaite revenir quelques années après dans sa ville d'origine, il peut constater avec effroi que ce "gap" lui a fait perdre au passage la moitié de son pouvoir d'achat en mètres carrés…


En un sens, il serait donc plus sûr de louer, pour bénéficier de plus de souplesse. Ce serait vrai si plusieurs éléments négatifs n'allaient à l'encontre de cet argument :
  • Le niveau des loyers subit lui aussi une inflation, si l'on déménage, mais parfois aussi au renouvellement du bail. Dès lors que le loyer atteint le niveau des mensualités d'un emprunt, la préférence du statut locatif tombe.
  • Au moment de louer, un important dépôt de garantie doit être payé et des cautions fournies. Au contraire, un propriétaire "habite" en quelque sorte "dans" sa propre garantie. Le taux d'effort accepté par les prêteurs excède d'ailleurs souvent celui des bailleurs (30% contre 25%).
  • Au renouvellement du bail, le propriétaire peut reprendre son logement pour l'habiter ou le vendre, ce qui crée une relative insécurité.
Le statut de propriétaire apparaît donc de plus en plus préférable, malgré quelques points à surveiller :
  • Rembourser un emprunt peut sembler plus clair que de payer un loyer, car moins soumis à des hausses imprévues. Il ne faut pas oublier toutefois que beaucoup d'emprunts ont des taux révisables. Quand on s'engage sur le très long terme (25 ans et bientôt 30 ans), il est difficile de savoir comment les taux évolueront. Ainsi, il y a 25 ans, les taux des emprunts immobiliers dépassaient-ils 17%…
  • Les déductions fiscales que le Président de la République a promises vont prochainement entrer en vigueur. C'est toujours "bon à prendre". Attention cependant à deux aléas : valables seulement 5 ans, ces déductions causent une "marche d'escalier" dans le niveau de l'effort du ménage qu'il convient d'anticiper pour disposer le moment venu des revenus suffisants. D'autre part, si l'on doit déménager pour cause de mutation professionnelle et mettre en location son appartement afin d'en louer un autre ailleurs pour l'habiter, la déduction fiscale tombe car elle ne concerne que la résidence principale. Il faut alors étudier attentivement le statut fiscal des loyers perçus pour éviter d'être, au final, perdant.
  • Le niveau exact de l'endettement supportable résulte des revenus du ménage, mais aussi de l'éventuel apport personnel dont il dispose. Bien souvent, en effet, il est impossible d'emprunter en totalité le prix de l'appartement acquis. À titre d'illustration, la mensualité d'un emprunt de 200 000 euros sur 25 ans au taux de 4% représente à peu près 1100 euros, car il faut "laisser la place" dans la mensualité au remboursement d'une fraction de capital, aussi limitée soit-elle en début de période. Ce n'est pas rien !
  • Un dernier aléa doit aussi être pris en compte : si l'emprunt est remboursé par un couple disposant de deux revenus, une séparation peut entraîner une revente hâtive, pas forcément dans une conjoncture favorable. Le pire des cas est lorsque la revente fournit un capital inférieur à celui qu'il subsiste à rembourser à la banque, compte tenu de surcroît des pénalités de remboursement anticipé, parfois élevées…

Mensualités calculées avec la formule "traditionnelle" des mensualités constantes. D'autres profils existent dans la pratique.

Remerciements à l'amicale La Fontaine pour l'autorisation de reproduire ses amusants dessins.

samedi 23 juin 2007

Scribus : amère déception !

Le monde du logiciel libre est jalonné de pièges…

Récemment, un article du magazine gratuit 20 minutes chantait les louanges d'un logiciel de PAO , Scribus, entièrement gratuit, multiplate-formes et, de surcroît, francisé. De quoi avoir envie de l'essayer !



Précisons qu'il s'agissait de faire tourner Scribus sur un Macintosh G4 disposant de 1,25 Go de RAM et d'un processeur à 1,25 Mhz, sous Mac OS X version 10.3.9.

Après téléchargement des archives compactées indiquées, leur décompression, l'installation manuelle de plusieurs librairies logicielles dans des dossiers spéciaux (frameworks en l'occurrence), arrive le moment tant attendu du double-clic sur l'icône de l'application.

Première déception : l'application se révèle d'une lenteur exaspérante et rédhibitoire.
Deuxième déception : les zones de texte placées sur la page blanche ne sont pas directement éditables. Il faut ouvrir une fenêtre secondaire, qui trouve la moyen de se caler tout en haut de l'écran, derrière la barre des menus. Après validation, le texte n'est pas répercuté dans la zone de texte, tandis que celle-ci devient impossible à modifier à nouveau.

Après quelques patients essais, il faut se rendre à la raison : la version Mac OS X de Scribus 1.3.4 ne fonctionne absolument pas. La décision est prise de l'effacer du disque dur, en prenant soin de retrouver tous les éléments installés.

Le temps est donc venu de reprendre le travail quotidien, et, notamment, d'imprimer quelques documents. Surprise ! Toutes les fonctions d'impression sont bloquées. Heureusement, le symptôme n'est pas inconnu, et un utilitaire très efficace devra être mis à contribution, Printer SetUp Repair, que nous ne saurions trop vous conseiller. Validé par Apple, il est édité par Fixamac.

Après restauration de toutes les ressources d'impression et réinstallation des pilotes d'imprimantes, tout est rentré dans l'ordre.

Deux bonnes heures de perdues ! Les promesses des logiciels libres sont donc à prendre avec précautions. Loin de nous l'idée de déconsidérer le travail courageux et certainement considérable mené par les développeurs de Scribus, mais force est de constater que, dans la configuration précitée, il se révèle totalement inutilisable. Peut-être que la version Windows – ainsi que celle destinée à Linux – fonctionnent mieux... Vous pouvez les tester, mais à vos risques et périls !

jeudi 21 juin 2007

Vive les vacances de la téloche !

Il y a une chose qui m'horripile, qui m'exaspère, qui m'indispose... ce sont les vacances de la télévision.
Par exemple : lundi soir, 18 juin, je regardais avec passion l'excellente émission animée par Yves Calvi, Mots-Croisés. Au prix d'une nuit écourtée, on a le plaisir d'entendre des échanges intelligents, vifs sans l'hystérie habituelle de la "téloche", de réfléchir un peu, de changer son point de vue, de prendre son temps en écoutant des gens intéressants. En cette période politiquement agitée, c'est in-dis-pen-sable.

Or qu'entends-je ? qu'ouis-je ? Dors-je ou bien rêvé-je ? Eh bien non, Yves Calvi, avec son plus beau sourire, nous souhaite "bonne vacances" et nous dit "à la rentrée", le 3 septembre. Oui, vous avez bien lu : ces zouaves prennent 12 semaines de vacances.

Et pourtant, le gouvernement va bosser dur, se lever tôt, pondre tout un tas de projets de lois que le Parlement (qui n'est pas en vacances, il siègera peut-être même jusqu'au mois d'août) va examiner et probablement voter. Mais non. La télé s'en moque : elle part en vacances ! Et on appelle cela un service public...

Surtout que j'ai cru comprendre que les chaînes de télévision finançaient les longues vacances de leurs présentateurs et présentatrices par d'autres moyens que les entreprises "normales" (l'intermittence ?). Mais je n'en ai pas la preuve et c'est un autre sujet. D'ailleurs, je n'en veux aucunement à Yves Calvi : il a le droit de partir en vacances comme tout le monde. Mais qu'est-ce qui empêche France 2 de maintenir l'émission avec un autre présentateur ?

Dire qu'à la place il faudra se contenter de la énième rediffusion de "Mon curé chez les nudistes". Franchement, vous trouvez cela normal ? Vous me direz : moins on en parle, des réformes, mieux elles passent. Mais enfin, ce n'est pas très fair-play, tout cela.

mercredi 13 juin 2007

Soyons souples !



Aujourd'hui, plus que jamais, soyons souples, soyons flexibles !
L'économie l'exige. Heureusement que le matériel suit et sait s'adapter.
[Cette… "sculpture" est d'Erwin Wurm et a été photographiée dimanche 10 juin près du musée d'art contemporain de Lyon, Cité Internationale © all rights reserved™ of course]

Escrocs… un peu trop !

Il n'y a pas que dans les boîtes aux lettres électroniques que l'on découvre des courriers cachant (mal) des quasi escroqueries. Exemple.
Voici ce que j'ai reçu ce matin. Un joli formulaire bien présenté, pré-rempli, émanant d'un "annuaire On-line" d'entreprises. Le document fait très officiel : liasse carbonée deux exemplaires, nom, prénom et adresse pré-imprimés, bref ! Pas de doute : il provient d'une société digne de la plus grande confiance.

Que dit-il, ce superbe document ?

Que mon "entreprise" est actuellement enregistrée dans leur annuaire – merci les amis, quelle générosité – et, pour qu'elle continue à y figurer et que les informations soient éventuellement mises à jour, qu'il suffit de renvoyer ce formulaire.
Si vous êtes pressé(e), vous vous dites : « Pourquoi pas ? »


En bas du formulaire (*), vous devez porter votre numéro SIRET, un tampon, signer et dater. Remarquez l'énorme X placé là où vous devez apposer votre paraphe, des fois que vous soyez vraiment très presbyte (ou vaguement débile) !
En caractères légèrement moins gros que le X, un texte en rouge indique les conditions contractuelles (auxquelles un minuscule astérisque faisait appel dans le premier texte). Au bout de quelques lignes, vous cessez de lire, d'autant que, étant presbyte, ces petits caractères vous fatiguent.

Or, qu'indiquent-ils, ces petits caractères ?


Eh bien tout simplement que "les coûts totaux par édition du service" s'élèvent à la modique somme de 917 euros, que je prends acte de ce contrat et le signe. Ceci étant placé en fin de texte bien sûr. Au début, ce ne serait pas drôle !

Sympas les aminches !

Conclusion : chaussez vos lunettes et ne vous fiez pas à l'apparence des choses.

La société et le site existent vraiment : ils n'ont pas honte, les mecs ! Vous pouvez aller voir et leur laisser un aimable message. Ils indiquent notamment ceci : « Nous nous adaptons à vos besoins et à votre budget et vous proposons un large choix de produits et de services. » Heureusement qu'ils s'adaptent à notre budget, sinon, quel prix demanderaient-ils ?

(*) Le nom et l'adresse figurant sur la copie d'écran remplacent les miens. Ceci pour notre ami Nicolas qui a aimablement posté un commentaire : la rue des Pigeons est une invention de ma part, et non l'adresse de la société ;-) Quant à la direction des fraudes, je crains que l'environnement juridique de ce genre de mailing ait été soigneusement étudié...

À gauche ou à droite ?

Dimanche, un événement majeur s'est produit. Il pose une question fondamentale : la France est-elle à gauche ou à droite ?

Contrairement aux apparences, la France est à gauche. Et depuis beaucoup plus longtemps qu'on ne le pense. Depuis toujours en réalité. Pourtant, de récents événements ont semblé montrer qu'une évolution se dessinait, à laquelle l'Allemagne d'Angela Merkel pourrait d'ailleurs avoir contribué, alors que jusqu'ici, nous étions plutôt influencés par la Grande-Bretagne de Tony Blair. La France passerait-elle progressivement à droite ?

Le changement le plus important des dernières semaines est en outre la vitesse. Des records sont battus, jamais la France, cette France de Nicolas Sarkozy, n'a été aussi rapide. Toutes les vidéos le montrent, il suffit de visiter le Web, et, sans aucun doute possible, cette vitesse est à droite. Pour autant, des informations précises prouvent que c'est plus subtil que cela : en réalité, les voies possibles sont banalisées, autrement dit elles peuvent être aussi bien à droite qu'à gauche, selon les besoins et les circonstances.

L'alternative entre droite et gauche serait donc un choix dépassé|?

Autant le dire tout de suite : la configuration actuelle interdit le choix du centre. C'est techniquement impossible, sauf à construire une troisième voie, mais cela prendra du temps.

Je vous le confirme, cher lecteur incrédule : les trains ont toujours roulé à gauche en France. Et si le TGV qui a battu le record de vitesse le 3 avril dernier roulait à droite, ce n'est pas parce que la LGV de l'Est de la France est conçue pour une circulation à droite, c'est parce que les courbes étaient moins prononcées dans ce sens, ce qui réduisait les risques de la vitesse. En réalité, les voies de la ligne à grande vitesse peuvent être empruntées indifféremment à gauche ou à droite, ce qu'on appelle des voies banalisées. Mais, dans l'exploitation quotidienne, les TGV de la ligne de l'Est rouleront à gauche. La mise en service de la LGV de l'Est dimanche dernier ne marquait donc pas le changement supposé : les ICE allemands rouleront à gauche, tout comme les TGV français, et ce bien que les trains roulent à droite en Alsace et Lorraine (ainsi qu'en Allemagne bien sûr).

La France reste donc à gauche.

Ouf !

Pour plus de précisions, consulter notamment cette page.

dimanche 10 juin 2007

Le TGV et la politique : que d'aiguillages !

La construction de lignes de TGV est un processus long, qui dépasse en général la durée des mandats électoraux des exécutifs politiques. Il en résulte des chevauchements souvent amusants :
  • La première ligne à grande vitesse, entre Paris et Lyon, avait été lancée en 1976, par décret du premier ministre Jacques Chirac. C'est le président François Mitterrand qui l'a inaugurée en septembre 1981, 4 mois seulement aprrès son élection.
  • La décision de construire la ligne du TGV Atlantique a été prise en 1984 par un gouvernement socialiste. Après avoir franchi la cohabitation de 1986-88, elle a été mise en service en septembre 1989 (vers le Mans) et septembre 1990 (vers Tours), sous le gouvernement Rocard par conséquent.
  • Le TGV Nord avait été lancé en septembre 1989 par ce même gouvernement Rocard, chaud partisan du ferroviaire. Il est inauguré par… Edouard Balladur, peu de temps après sa nomination comme premier ministre (mai 1993).
  • M. Balladur préférait pourtant les autoroutes aux chemins de fer, et le Louvre à Bercy pour ses ex-bureaux de ministre des finances. Il ne parviendra à remettre en cause ni le déménagement du ministère, ni la réalisation du TGV Méditerrannée, lancé en 1991, dont il signe le décret d'utilité publique en 1994. Il devra abandonner à son rival des élections présidentielles de 1995, Jacques Chirac, l'inauguration de la ligne conduisant à Marseille et Nîmes en 2001.
  • Enfin, le TGV Est, inauguré hier 9 juin, a connu une histoire chahutée. La déclaration d'utilité publique date en effet de 1992 (sous Bérégovoy). Edouard Balladur – encore lui ! – bloque le dossier. C'est Jean-Claude Gayssot, ministre communiste du gouvernement Jospin (et ancien cheminot) qui parvient à boucler le financement en 2001. Mais l'inauguration revient à… un premier ministre de droite, M. Fillon.
Voici pour ces quelques précisions d'histoire ferroviaire, qui montrent que l'alternance politique a joué un rôle essentiel dans le développement du réseau français à grande vitesse.

La fin de la Démocratie ?

Comment une Démocratie parvient-elle à représenter les opinions des citoyens afin de constituer une majorité capable de gouverner ?

Le système universellement reconnu consiste à élire un certain nombre de personnes qui vont représenter l'ensemble de ces opinions. Pour être contemporain et un brin provocateur, une sorte de sondage dont l'échantillon se compose des votants, qui aboutit à un panel de députés.

La perfection n'étant pas de ce monde, aucun système ne permet une représentation parfaite, d'autant que le pacte démocratique repose sur un compromis fondamental : c'est la majorité qui est appelée à exercer le pouvoir. Inévitablement, la minorité doit accepter cet état de fait, sinon la Démocratie est tout bonnement impossible. On l'observe dans des pays divisés en minorités refusant ce pacte : c'est la guerre civile.

Les Démocraties parlementaires ont choisi comme mode de représentation un parlement, c'est-à-dire une série de députés dont le nombre est déterminé selon des critères variés. Chez nous, aujourd'hui, ce sont 577 personnes qui sont appelées à siéger. Parmi ces 577 personnes, les élections déterminent une répartition en fonction de l'étiquette (le parti politique) des candidats élus – certaines pouvant éventuellement refuser d'appartenir à un parti.

Comment passer d'un corps électoral de quelques 45 millions de personnes à… moins de 600 ? C'est là que les difficultés commencent ! En gros, deux techniques sont envisageables :
  • Attribuer les sièges au prorata des voix obtenues par chaque parti, ce qu'on appelle la proportionnelle, et semble a priori la plus juste. C'est une photographie de l'opinion le jour des élections.
  • Attribuer les sièges en appliquant le principe de la majorité au niveau local, dans des circonscriptions, une par député. Ainsi, quelque 600 scrutins majoritaires se déroulent dans 600 morceaux de territoires, et aboutissent à l'élection des 600 représentants du peuple.
Chaque système a ses avantages et ses inconvénients.
Aucun n'est parfait :
  • L'inconvénient du système majoritaire est d'amplifier la place de la majorité dans la représentation. Imaginons par exemple que dans chaque circonscription l'opinion soit exactement semblable à la moyenne nationale : dans ce cas, la majorité disposerait de tous les sièges. C'est un peu ce qui se passe en Grande-Bretagne, où les députés sont élus dans le cadre d'un scrutin à un seul tour. Parfois, le parti qui obtient le plus de députés est en réalité… minoritaire en voix. Comment est-ce possible ? Il suffit que tous les députés du parti gagnant aient été élus de justesse et que tous les députés du parti perdant aient été élus largement.
  • L'inconvénient du système proportionnel est inverse : il rend parfois difficile l'émergence d'une majorité, comme ce fut le cas récemment en Allemagne, où aucun parti n'a obtenu la majorité. Il faut dans ce cas recourir à des coalitions. Autrement dit, plusieurs partis doivent s'allier en vue de gouverner. Est-ce si dommageable ? Théoriquement non, puisque si les électeurs ont envoyé plusieurs partis à l'Assemblée, c'est bien que leurs opinions sont composites, et il semble légitime d'en tenir compte en vue d'établir le compromis majoritaire.
Dans les deux cas, ce sont les règles du jeu politique, les Constitutions, qui permettent ou non aux représentants élus de constituer un gouvernement capable d'agir : selon que ces règles sont efficaces ou non, on aboutit à un exercice du pouvoir stable ou chahuté, voire paralysé.

Venons-en à notre pays, la France.
Traumatisés par la IVè République, dans laquelle le scrutin proportionnel aboutissait à des majorités sans cesse mouvantes et donc à une instabilité gouvernementale chronique, nous avons accepté sans broncher le système inverse proposé par le Général de Gaulle : un système majoritaire dans lequel le mode de scrutin permet l'émergence d'une majorité nette (du moins en principe !) Cette majorité élisait alors un Président de la République qui désignait un Premier Ministre afin qu'il gouverne. Jusque là, tout allait bien.

En 1962, patatras ! Le Général de Gaulle, sentant que son élection de 1965 risquait de lui échapper – le collège électoral chargé de l'élire (en gros, les parlementaires et d'autres notables) pouvant choisir un autre candidat – a décidé de confier au peuple, directement, l'élection du Président de la République. Ce choix reposait sur une défiance à l'égard des partis, jugés incapables de dépasser leurs "petites combines" pour désigner un gouvernement digne de ce nom. L'idée était la suivante : les français élisent une personne physique – un homme providentiel par exemple – et celui-ci choisit un Premier ministre. Dans un second temps, le Parlement est élu afin de donner les moyens à l'exécutif de faire voter des lois. On voit bien, dans cette configuration, que l'Assemblée Nationale n'est qu'une sorte d'intendance chargée de suivre l'exécutif, ce qui est bien dans l'esprit militaire : "l'intendance suivra".

Ce système a fonctionné bon an mal an, avec quelques ratés. En réalité, il fonctionnait parce que nous vivions des circonstances difficiles (la guerre d'Algérie, la décolonisation), et que, reconnaissons-le, le Général de Gaulle avait un minimum d'éthique et une envergure certaine. Le recours aux référendums finira par lui coûter sa place en 1969 : ce sont les limites de l'appel direct au peuple… Par la suite, à chaque élection présidentielle, nous avons rejoué le scénario de l'homme providentiel, avec des fortunes variées ! Parfois, cette double façon, quasi redondante, de dire qui va exercer le pouvoir a conduit à des illogismes, tels que les (fameuses) cohabitations entre un Président d'une tendance et une majorité parlementaire d'une autre tendance.

La question qui se posait alors était : qu'est-ce qui doit déterminer la majorité ? L'élection d'un homme ou l'élection d'un parlement ?

Nous n'avons jamais su y répondre, sauf à quelques reprises :
En 1997 par exemple, notre démocratie a fonctionné "classiquement", situation quasi inédite sous la République. Les élections législatives provoquées par le président Chirac ont envoyé au parlement une majorité de gauche. Comme c'est la tradition dans les autres démocraties parlementaires, le chef du parti arrivé en tête a formé un gouvernement en négociant avec les différentes composantes de sa majorité – ce qu'on a appelé la majorité plurielle et dont on se moque aujourd'hui volontiers. Or, quoi qu'on en dise, cette majorité a gouverné cinq années, et sans même utiliser l'arme du vote bloqué (le fameux article 49-3) servant à rappeler à l'ordre et à la discipline une majorité éventuellement contestataire. Tentons de dépasser les clivages partisans : était-ce anti-démocratique que le pouvoir exécutif soit ainsi désigné ? Qui avait le plus de légitimité, Jacques Chirac, élu en 1995, ou le Premier ministre issu de la majorité parlementaire ?

Où en sommes-nous aujourd'hui ? Nous persistons dans notre traumatisme de la IVè République, convaincus qu'une élection au scrutin proportionnel aboutirait nécessairement à l'instabilité. Du coup, nous avons poussé au paroxysme le scrutin majoritaire : depuis l'instauration du quinquennat et l'inversion du calendrier électoral en effet, nous avons carrément rayé de la carte toute proportionnalité en recourant à un échantillon représentatif constitué… d'une seule et unique personne, le Président de la République. Comment s'étonner, dans ces conditions, que le pouvoir soit exercé de façon personnelle et autoritaire ? Surtout que, dans nos Institutions, le Président de la République ne peut être renversé par le Parlement, contrairement au Premier ministre, et que, de surcroît, il peut même dissoudre ce Parlement s'il le souhaite. Un déséquilibre des armes évident !

Aussi "sympathique" que puisse être le scrutin présidentiel – charisme des candidat(e)s, caractère concret d'une "tête" facile à identifier, fantasme de l'homme (ou de la femme) providentiel(e), goût pour le "people", ressemblance avec la Star Academy – on ne peut raisonnablement croire que ce système soit démocratique. Car que s'est-il passé sous nos yeux ces dernières semaines ? Le 6 mai, Nicolas Sarkozy a été élu. Ayant obtenu 53% des voix, il dispose dans la pratique de 100% des pouvoirs. Rien de nouveau me direz-vous ! En fait, si : c'est la première fois qu'un second tour "classique" oppose les deux blocs de notre système bipartite dans le cadre du double quinquennat : président et parlement. En conformité avec la logique des institutions, le président élu annonce qu'il exercera tous les pouvoirs, y compris gouvernementaux, en rassemblant autour de lui un gouvernement parallèle (fantôme) chargé de contrôler les ministres apparents. Gêné aux entournures par ce totalitarisme dont il n'est d'ailleurs pas seul responsable, Nicolas Sarkozy a tenté de justifier son pouvoir à 100% en rameutant quelques personnalités de l'autre bord. Même si l'on ne lui attribue aucune arrière-pensée, il est difficile de se satisfaire du "fait du prince" comme prise en compte de l'opinion démocratique !

Et nous en arrivons aux élections législatives. C'est là que l'absurdité de notre système saute aux yeux, ce qui explique le taux d'abstention élevé (2 électeurs sur 5 ne se sont pas rendus aux urnes). Désarçonnés, les français ne comprennent plus très bien à quoi servent ces élections, sinon à donner au président les moyens de présider. Pourquoi enverraient-ils une majorité qui lui serait hostile quelques semaines seulement après l'avoir élu ?

Alors, bien sûr, on pourrait dire que l'élection du parlement sert à préciser la majorité dégagée au second tour de la présidentielle, à lui donner des contours plus larges, un contenu plus nuancé. Or, notre scrutin majoritaire, une fois de plus, amplifie la majorité dégagée et aboutit au résultat inverse.

Trop, c'est trop : il suffit de comparer les résultats du premier tour de la présidentielle et la géographie de l'Assemblée qui sera élue le 17 juin. Elle n'a rien à voir. Désormais, le bail est signé pour 5 ans, sans aucune possibilité de recours : président irresponsable, représentation quasi nulle des partis tiers (au-delà des deux blocs majoritaires). Comment se satisfaire d'un système aussi caricatural ?

Si la représentation proportionnelle avait été utilisée, que ce serait-il passé ? Aurait-on abouti à l'instabilité de la IVè République ? Rien n'est moins sûr, pour tout un faisceau de raisons :
  • Sous la République, un gouvernement ne peut être renversé qu'à la majorité absolue des membres de l'assemblée, et non par un simple vote de défiance comme sous la IVè.
  • Contrairement à la IVè République, le Président dispose de l'arme de dissuasion de la dissolution, même si Jacques Chirac a connu une expérience malheureuse. Avant de se coaliser pour renverser le gouvernement, les partis réfléchissent aux risques pris : en cas de dissolution, ils ne sont en effet pas assurés de retrouver leurs sièges.
  • Il n'est pas forcément choquant qu'en cours de quinquennat un ajustement soit effectué, par exemple avec un changement de Premier ministre. Le référendum de mai 2005 a fonctionné exactement comme un motion de censure directe du peuple à l'encontre du gouvernement.
La proportionnelle, contrôlée bien sûr, aurait eu un mérite capital : nuancer la majorité élue, surtout dans le contexte actuel, où l'on observe que les "lignes bougent", que les clivages évoluent, que les deux blocs majoritaires ne sont plus homogènes. Elle aurait évité la désespérance des perdants, qui va d'ailleurs renforcer encore la majorité au Parlement. Certes, il peut être irritant de songer qu'un parti minoritaire puisse à lui seul influer sur la politique d'un pays : ce serait le cas si des députés du Front National exerçaient un chantage à l'UMP par exemple. Mais serait-ce vraiment le cas ? Rien n'est moins sûr. En effet, si la majorité élue incluait les partis ayant, par exemple, dépassé 5% des voix, d'autres coalitions auraient été possibles.

Comment ne pas regretter une majorité plus nuancée ? On le voit de façon éclatante avec les premières mesures prévues par le Président (et non par le Premier ministre, encore moins par les ministres). Elles sont sans nuances, d'un bloc. M. Sarkozy parle d'ailleurs de "choc fiscal". Le terme est éloquent. S'il devait composer avec des alliés centristes, par exemple, il réexaminerait des mesures comme la franchise de soins, il ferait plus attention au déficit budgétaire, il répartirait son "choc fiscal" de façon plus équitable, etc. Inversement, si la proportionnelle avait été une habitude depuis de longues années, il y aurait vraisemblablement eu des négociations entre le PS et l'UDF, et peut-être même qu'à la place d'un gouvernement de droite nous aurions un gouvernement de coalition social-démocrate modérée...

Ma conviction, cher lecteur, est établie. Nos Institutions ne sont plus capables de représenter de façon légitime l'opinion publique dans sa complexité et dans sa diversité. Nous le payons d'ailleurs par une défiance à l'égard de la politique : l'abstention à ces législatives le montre, ainsi que le cynisme des mesures prévues par ce président absolutiste. Si l'on voulait désigner d'une expression le système dans lequel nous entrons, ce serait… la fin de la démocratie.

lundi 4 juin 2007

McCartney : Memory Almost Full

Le nouveau McCartney, Memory Almost Full, vient de sortir.

Premières impressions.

L'amateur y trouvera un recueil d'à peu près toutes les formes musicales qu'il pratique. N'avait-on pas dit des Beatles qu'ils étaient des « touche à tout de génie » ? Comparé à son précédent opus, canalisé et maîtrisé sous la direction de Nigel Godrich, celui-ci apparaît forcément hétéroclite.

Peut-être plus ludique, l'album voit se cotoyer des compositions anecdotiques, des expérimentations et quelques futures classiques. Mais son originalité est certainement de révéler et d'illustrer les émotions personnelles de son auteur, qui nous a habitués à beaucoup plus de retenue, voire de pudeur. La première personne y est la règle, contrevenant au bon vieux critère de différenciation entre Lennon et McCartney, selon lequel seul le premier l'employait, le second préférant se protéger derrière des historiettes racontées à la troisième personne.

Mais il faut patienter et laisser se dérouler les plages du CD pour qu'enfin, semble-t-il, on entre dans le vif du sujet : en septième position seulement, Gratitude, au style vocal énergique, se permet d'aborder le thème de son récent divorce ; That Was Me (plage 9) cache la nostalgie des jeunes années derrière une rythmique solide et un scat étonnant ; House Of Wax (11) est une magnifique pièce, épique, aux solos de guitare poignants – et aux paroles incompréhensibles ! Enfin, The End Of The End évoque la mort et l'au-delà, avec une émotion quasiment inédite dans l'œuvre de Paul McCartney. Mais pour ne pas nous quitter sur un registre grave, l'artiste fait une petite pirouette avec un treizième morceau foutraque, histoire de faire diversion...

samedi 2 juin 2007

Le TÉOÙLÀ électronique : enfin !

On n'arrête pas le Progrès !
La formule peut être lue de deux façons : avec émerveillement ou avec fatalisme.
Une récente invention vient de faire parler d'elle, sous la marque Kiditel. Ce combiné GPS-téléphone est destiné à prendre place dans le cartable des enfants de 4 à 10 ans, afin de rassurer les parents : à tout moment, en temps réel, selon les expressions consacrées, ils pourront savoir où se trouvent leurs enfants. Mieux encore, ils pourront consulter l'historique des déplacements enregistrés par le merveilleux appareil (*).

Comme toujours, les arguments développés par les publicités invoquent la sécurité, la tranquillité d'esprit et la possibilité de secourir un enfant perdu. Imparable ! Vous aimez vos enfants ? Alors protégez-les avec un GPS.

L'enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on aussi.
Bientôt généralisée et intégrée aux téléphones portables, la localisation par GPS deviendra le TÉOÙLÀ universel et, de surcroît, rétrospectif : t'étais-où-là ? Les applications de ce procédé ouvrent les horizons d'un meilleur des mondes fascinant : les maris jaloux, les parents possessifs, les employeurs ou les policiers pourront bientôt savoir - à tout moment - où se trouvent leur épouse, leurs enfants, leurs employés ou leurs suspects.

Les articles de presse mettent l'accent sur les risques de Santé Publique liés aux rayonnements, auxquels les enfants sont plus sensibles que les adultes (**). Fort bien ! Aucun d'entre eux en revanche ne semble souligner les risques psychologiques et sociologiques de ces redoutables appareils.

Imaginez les soirées conviviales au coin du feu - pardon, au coin de l'écran d'ordinateur - durant lesquelles vous pourrez demander à votre conjoint : que faisais-tu à 15h34 au coin de la rue de la République et de l'avenue Victor Hugo ? Vous pourrez aussi refaire avec votre fils le trajet entre l'école et le domicile, en lui demandant quelques explications sur les détours effectués. Au bureau, entre deux réunions, vous pourrez afficher sur l'écran de votre PC la position des membres de votre famille, afin de vous assurer d'un simple clic que tout va bien. En pressant sur une touche, il vous sera possible de rappeler à l'ordre votre fils, votre fille, votre mari ou votre femme s'ils s'écartent des chemins balisés. Le TÉOÙLÀ intégrera probablement bientôt la possibilité d'envoyer des décharges électriques en cas de comportement suspect...

Je confirme : on n'arrête pas le Progrès !

(*) Le texte de présentation du produit parle de lui-même :

Kiditel, un nouveau compagnon pour la sécurité des enfants

Kiditel est un petit boîtier compact et portatif à glisser au fond du cartable. Il permet aux enfants de recevoir les appels à tout moment. De plus, qu’ils soient au sport, au ski, en ballades, en vacances, ou tout simplement dans l’enceinte de l’école, les parents ont la possibilité de connaître la position géographique de leurs enfants à tout moment. Spécialisé dans le domaine de la géolocalisation des flottes automobiles pour les particuliers et les TPE, Car Telematics a développé son savoir-faire dans le service de l’aide à la personne et offre un produit simple et original. Kiditel répond à un besoin croissant des parents de pouvoir contacter leurs enfants. Sa simplicité d’utilisation leur permet de se familiariser avec lui rapidement. Grâce au bouton « Panic », l’enfant peut déclencher une alerte à l’attention de ses parents à tout moment. Informés par SMS, ceux-ci peuvent le rappeler tout de suite puisque Kiditel permet de recevoir des appels téléphoniques. De plus, à partir d’une simple connexion à Internet, les parents peuvent connaître le parcours de leurs enfants en consultant l’historique des positions géographiques du Kiditel. Ils bénéficient gratuitement d’un accès en temps réel à ces données associées à un rapport journalier.

Voir notamment la page de la société Car Telematics et l'article de Actualités News Environnement.

(**) Sur les risques liés aux rayonnements, je me suis toujours demandé à partir de quel âge ils cessaient comme par miracle d'être dangereux.